Gérer “bizi” à Abidjan, et si on en parlait ?

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By Stella Attiogbe

19/05/2021

Nous savons que c'est un sujet assez délicat et sensible. Mais à MTV Shuga Babi, nous avons décidé de ne pas avoir de tabou et de briser le silence. Vous nous suivez sur ce coup ?

Plusieurs jeunes filles sont concernées par ce phénomène. Qu’elles soient lycéennes, étudiantes, ou employées, elles ont au moins une fois entendu parler de ce style de vie. Si certaines refusent de s’y adonner, d’autres par contre le font, de gaieté de cœur ou pas.

Qu’est-ce que le bizi ? Argent facile ou autres raisons, qu’est-ce qui pousse les jeunes filles vers cette pratique ? Quelles peuvent en être les conséquences ? Nous avons décidé d’y répondre et de briser le silence !

 

Définition du bizi

Bizi vient du nouchi, jargon ivoirien et signifie « business ». “Gérer bizi” revient donc à faire du business, principalement basé sur le sexe. “Elle gère bizi” se dit donc d’une jeune fille, ou femme qui vend son corps en échange de sommes d’argent.

La plupart des clients qui rapportent gros sont des hommes d’affaires riches ou des expatriés. Et ce témoignage de Laurine, une jeune femme vient nous en dire plus sur cette activité :

Je suis serveuse dans un bar à Marcory depuis six mois. Là-bas, toutes les filles gèrent bizi. Elles sont jolies avec leurs mini jupes et leurs robes moulantes. C’est le patron qui veut ça. Il nous a demandé de séduire les hommes qui viennent boire un verre, comme si de rien n’était. En fin de soirée, on rentre avec eux ou on va à l’hôtel. Juste avant de passer à l’acte, on demande l’argent. Entre 20 000 et 40 000 francs CFA, selon le client. Le patron prend une commission.” (lemonde.fr)

Le bizi, une solution contre la pauvreté ?

C’est une pratique qui a connu une croissance assez fulgurante. En effet, la cherté de la vie et les conditions de vie précaires de plusieurs jeunes femmes les poussent à opter pour cette solution.

Rosaline, une élève raconte sur contrepoints.org : « Nos parents ne peuvent pas se permettre de répondre à nos besoins. Ils ne peuvent pas nous acheter des vêtements. Souvent, ils ne nous versent pas d’argent de poche quand nous allons à l’école. À l’école, nous sommes pointées du doigt ; c’est ce qui nous pousse à faire ce « job » afin de pouvoir subvenir à nos besoins. Ce n’est pas de notre faute. »

Le plus souvent, les jeunes filles entrent dans ce milieu par l’intermédiaire d’une personne plus âgée ou encore par le biais d’amies déjà initiées. Les hôtels, restaurants, bars, salons de massage et internet sont les principaux endroits où les géreuses de bizi trouvent des clients.

Il est vrai que cela constitue de l’argent facile et rapide pour plusieurs mais lorsqu’on peine à joindre les deux bouts et que les parents ne nous soutiennent plus financièrement, on se dit tout simplement qu’on n’a plus tellement le choix.

Par contre, pour certaines personnes, c’est plus la facilité et le désir d’avoir des biens matériels qui les motivent. Smartphones derniers cris, sacs de marque ou la possibilité de fréquenter les endroits huppés sont entre autres, des facteurs qui les incitent.

Qu’elles qu’en soient les motivations, les conséquences restent les mêmes.

  

Quels risques pour les “géreuses de bizi” ?

«J’ai un client qui refuse de se protéger. Souvent, je suis attachée et battue. Je me tais et je subis tout ce qui peut exciter mon client d’après lui.»

C’est un bout de témoignage d’une “géreuse de bizi”, recueilli sur internet ( lemonde.fr). Derrière le luxe, la belle vie apparente, se cache un revers de médaille des moins reluisants.

Plusieurs s’exposent à des maladies sexuellement transmissibles, d’autres subissent différentes formes de viol et de violence. Et dans des cas extrêmes, des menaces de mort surviennent.

Une fois dans ce milieu, il est difficile d’arrêter ou de se séparer d’un client tant qu’il ne l’a pas décidé. Surtout si c’est un homme influent.

Il est vrai que chaque femme est libre de disposer de son corps comme elle l’entend. Il est aussi vrai que des conditions difficiles peuvent nous pousser à choisir cette solution.

Mais avant toute chose, il est important de bien réfléchir et de se poser les bonnes questions. Est-ce vraiment le genre de vie que je veux pour moi ? N’y a-t-il pas une autre solution ? En vaille-t-il vraiment la peine que je sacrifie ma santé, mon corps pour quelques billets et du matériel ?

 

Conclusion

Dans certains cas, le bizi représente un danger pour les femmes et surtout pour les jeunes filles. On ne mesure pas tout de suite les conséquences auxquelles on s’expose. C’est le cas d’Emlys qui a beaucoup insisté auprès de Rita pour obtenir des clients. Mais comme on le voit par la suite, elle ne dispose pas de tous les paramètres. Elle a de justesse échappé à un viol.

La parole doit être libérée, les jeunes filles doivent être entretenues sur ce genre de sujets sensibles afin de pouvoir elles-mêmes faire les bons choix, tout en ayant toutes les informations à leur disposition.

Et vous, que pensez-vous du phénomène bizi ? Est-ce que vous avez des expériences ou témoignages sur le sujet à partager avec nous ?


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